Thermopompe murale ou centrale : comparer les deux systèmes dans une maison québécoise

Energie

Par Clara

Dans une maison québécoise, le choix entre une thermopompe murale ou centrale dépend d’abord du mode de distribution de chaleur déjà en place. Pour un lecteur français, la thermopompe est la pompe à chaleur air-air : la version murale correspond au split mural sans gaine (monosplit ou multisplit), la version centrale à la PAC gainable raccordée à un réseau de conduits d’air pulsé. Or la majorité des ménages québécois se chauffent avec un système sans conduits. Selon l’Enquête sur les ménages et l’environnement de Statistique Canada, 54% des ménages du Québec se chauffaient principalement avec des plinthes électriques en 2023, et 11% avec une fournaise à air chaud pulsé.

Deux architectures sur le même cycle frigorifique

Les deux systèmes reposent sur une unité extérieure qui capte la chaleur de l’air l’hiver et la rejette dehors l’été. Ressources naturelles Canada (RNCan) les classe parmi les thermopompes air-air, qui représentent la grande majorité des installations de thermopompes à air au Canada. La différence se situe à l’intérieur de la maison : un serpentin logé dans un conduit pour la centrale, une ou plusieurs unités posées au mur pour la murale.

La thermopompe murale : bibloc ou multibloc

Un bibloc relie une seule unité intérieure à une unité extérieure. Un multibloc (ou multizone) raccorde plusieurs unités intérieures à la même unité extérieure. Les liaisons frigorifiques, le drain de condensat et le câble de communication traversent le mur par un seul percement. Sur sa page consacrée à la thermopompe murale et centrale, l’installateur Confort Prestige, établi à Terrebonne sur la Rive-Nord de Montréal, décrit le multizone comme la réponse habituelle aux maisons chauffées aux plinthes électriques et aux agrandissements. Chaque unité intérieure dispose de sa propre consigne et de son propre mode.

Unité intérieure de thermopompe murale fixée en haut d'un mur

Kantikkantemirgonov, CC0, Wikimedia Commons

La thermopompe centrale : gainable sur air pulsé

La centrale place son serpentin intérieur dans le réseau de conduits, en général près de la fournaise ou du ventilo-convecteur. L’air réchauffé passe par le plénum puis par les bouches de chaque pièce. Un seul thermostat pilote toute la maison. Des fabricants comme Goodman ou Comfort-Aire proposent des thermopompes centrales.

Premier critère : l’état du réseau de conduits

Une thermopompe centrale exige des conduits existants et en bon état. RNCan rappelle qu’une thermopompe air-air fournit un plus grand volume d’air à une température plus basse, normalement entre 25 et 45 °C, alors qu’un générateur d’air chaud souffle un volume plus faible entre 55 et 60 °C. L’occupant habitué à une fournaise perçoit donc un air plus tiède aux bouches. Si le débit d’air de la thermopompe dépasse la capacité des conduits existants, RNCan signale un risque de bruit et une hausse de la consommation. Dans une modernisation, le réseau doit être examiné avec soin avant de raccorder l’appareil, et des modifications aux conduits ou à l’entrée électrique sont parfois nécessaires.

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La murale n’a pas besoin de conduits. Elle convient aux maisons chauffées aux plinthes, aux condos, aux agrandissements et aux sous-sols aménagés, sans gainage à construire dans les cloisons ou les plafonds.

Zones, pièces fermées et étages

Le nombre d’unités dépend de la circulation de l’air entre les pièces. Une unité murale chauffe bien une aire ouverte, comme un rez-de-chaussée où salon, cuisine et salle à manger communiquent. Les chambres fermées reçoivent moins de chaleur d’une tête installée dans le salon. Hydro-Québec recommande, pour une maison à deux étages sans chauffage à air pulsé, deux thermopompes biblocs, une par étage, afin de répartir la chaleur de façon uniforme. Avec une centrale, la répartition se fait par les bouches de chaque pièce ; un zonage par étage demande des registres motorisés et un thermostat par zone, ce qui complique l’installation.

Le réglage du chauffage d’appoint diffère selon le système

Au Québec, les deux systèmes fonctionnent en général avec un appoint électrique. RNCan indique que la plupart des thermopompes à air ont une température minimale de fonctionnement, située entre -15 et -25 °C pour les modèles récents, et que l’air descend parfois sous -30 °C au Canada. Le guide de RNCan Le chauffage et le refroidissement à l’aide d’une thermopompe détaille aussi le point d’équilibre thermique : sous cette température, la thermopompe ne couvre plus seule les pertes de chaleur de la maison.

  • Murale avec plinthes : Hydro-Québec conseille de régler la thermopompe à une température confortable, par exemple 21 °C, et les plinthes à 19 °C. L’écart de 2 à 3 °C laisse la thermopompe assurer le chauffage principal, et les plinthes ne démarrent qu’en cas de besoin, notamment lors des grands froids.
  • Centrale avec appoint électrique : les réglages du thermostat doivent permettre le fonctionnement simultané de la thermopompe et des éléments électriques. Hydro-Québec précise que ce fonctionnement simultané est impossible avec un système à air chaud alimenté au combustible, et renvoie à l’installateur pour la valeur de réglage optimale.
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Thermopompe murale ou centrale : dimensionner la puissance

La puissance se lit en BTU/h. Une tonne équivaut à 12 000 BTU/h, soit 3,5 kW, selon RNCan. Hydro-Québec recommande de calculer la puissance d’après les besoins de climatisation : un appareil trop puissant déshumidifie mal l’air en été, et couvrir tout le chauffage d’un hiver québécois avec la seule thermopompe ne serait pas économique. Les ordres de grandeur publiés par la société d’État :

  • environ 12 000 BTU/h de climatisation par 750 pieds carrés à chauffer (environ 70 m²) ;
  • de 12 000 à 24 000 BTU/h pour une copropriété, souvent avec un modèle mural sans conduits ;
  • de 24 000 à 48 000 BTU/h pour une maison de plain-pied, avec ou sans conduits ;
  • jusqu’à 65 000 BTU/h pour une maison à deux étages.

RNCan ajoute qu’un appareil sous-dimensionné sollicite plus souvent l’appoint, et qu’un appareil surdimensionné réalise moins d’économies par temps doux.

Budget et subventions LogisVert

Le coût d’une installation dépend du type de système, des objectifs de conception et de l’équipement existant. Une murale évite les travaux de gainage. Une centrale réutilise un réseau déjà payé si celui-ci est adapté. Côté aide, le programme LogisVert d’Hydro-Québec subventionne les thermopompes homologuées ENERGY STAR jusqu’à 6 700 dollars canadiens. Le montant dépend de la puissance mesurée à -8 °C et du rendement : Hydro-Québec cite 1 800 $ pour un modèle à très haute efficacité de 15 000 BTU/h à -8 °C, et jusqu’à 3 600 $ pour 30 000 BTU/h. L’aide totale augmente de 5% si plusieurs mesures figurent dans une même demande. Le 8 octobre 2026, le gouvernement fédéral a aussi annoncé des subventions pour les thermopompes à partir de 2027, dont le détail n’est pas encore connu.

Tableau comparatif

Critère Thermopompe murale Thermopompe centrale
Distribution Unités intérieures au mur, sans conduits Réseau de conduits d’air pulsé
Maison type Plinthes électriques, condo, agrandissement Fournaise électrique à air pulsé existante
Travaux Un percement de mur par unité Vérification du débit des conduits, modifications possibles
Zonage Une consigne par unité intérieure Un thermostat pour toute la maison, zonage par registres en option
Appoint Plinthes réglées 2 à 3 °C plus bas Éléments électriques en fonctionnement simultané
Air soufflé Dans la pièce, à basse température Par les bouches, entre 25 et 45 °C

Deux unités extérieures de système central installées contre une maison

Raysonho @ Open Grid Scheduler, CC0, Wikimedia Commons

Quel système pour quelle maison québécoise

  • Bungalow chauffé aux plinthes, rez-de-chaussée ouvert : un bibloc mural dans l’aire ouverte, les plinthes conservées pour les chambres et les grands froids.
  • Maison à étages sans conduits : deux biblocs, un par étage, ou un multibloc avec une unité par zone fermée.
  • Maison avec fournaise électrique à air pulsé : une centrale raccordée au réseau, après vérification du débit des conduits.
  • Condo ou appartement : un modèle mural de 12 000 à 24 000 BTU/h, sous réserve des règles de la copropriété et de la municipalité pour l’unité extérieure.

Lors de la soumission, deux questions servent à comparer les offres : la mesure du débit d’air des conduits pour une centrale, et la stratégie de réglage de l’appoint pour l’un ou l’autre système.

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